Glossaire

Abus de substances psychoactives: Le DSM-IV-TR définit l’abus de substances psychoactives comme un « mode d’utilisation inadéquat d’une substance qui se manifeste par des conséquences négatives récurrentes liées à la consommation répétée de substances» (American Psychiatric Association (APA), 2000). Les individus qui abusent de substances psychoactives peuvent subir des conséquences dangereuses dont

  • un échec répété à jouer leur rôle;
  • des problèmes sociaux et interpersonnels;
  • des problèmes juridiques;
  • la consommation lors de situations qui comportent des dangers physiques.  
Dépendance à des substances psychoactives: Il s’agit d’un «de symptômes cognitifs, comportementaux et physiologiques qui indiquent que l’individu continue à consommer une substance en dépit de problèmes significatifs liés à la substance» (APA, 2000, p. 192). Ce mode de consommation inadéquat d’une substance inclut toutes les caractéristiques de l’abus en plus d’autres caractéristiques dont
  • une tolérance accrue à la drogue qui se traduit par la nécessité de consommer toujours de plus grandes quantités pour obtenir l’effet désiré;
  • une obsession pour se procurer la drogue et pour la consommer;  
  • la poursuite de la consommation de drogues malgré de graves problèmes physiques ou psychologiques.
«double trouble» et «double jeopardy» (double obstacle) : Ces termes sont parfois utilisés par les personnes qui ont des troubles concomitants de consommation de substances psychoactives et de problèmes de santé mentale pour parler de leurs propres luttes.

«dual diagnosis», «dual disorders» et «co-occurring disorders »
:
À l’extérieur du Canada, ces termes sont souvent utilisés pour décrire ce que nous appelons ici les «disorders» ou «concomitants». La majeure partie des documents rédigés aux États-Unis sur ce sujet utilisent ces termes et mettent l’accent sur des problèmes de maladies mentales graves et la consommation de substances psychoactives concomitante. Au Canada, le terme «diagnosis» est utilisé pour décrire le retard de développement concomitant et la maladie mentale.

Guérison: La guérison consiste à « recueillir des informations, accroître le ressourcement, développer des aptitudes pour vivre sobrement et se conformer à un programme de changement. (Lowinson et coll., 1992, p. 533). Tel que définie dans la President’s New Freedom Commission on Mental Health (NFCMH), la guérison est «le processus dans le cadre duquel les gens sont capables de vivre, de travailler, d’apprendre et de participer pleinement au sein de leur collectivité. Pour certains individus, la guérison est la capacité de vivre une vie satisfaisante et productive en dépit d’une déficience. Pour d’autres, la guérison implique la réduction ou la rémission complète des symptômes.» (NFCMH, 2003, p. 5). Lorsque les personnes qui souffrent de troubles concomitants sont en processus de guérison, cela signifie qu’ils ne consomment pas la substance psychoactive qui cause l’invalidité, qu’elles sont capables de fonctionner malgré les symptômes de maladie mentale et qu’elles prennent part à des activités de la vie qui sont significatives et satisfaisantes pour elles.

Mentally Ill Chemical Abusers (MICA) et Chemically Abusing Mentally Ill (CAMI): Le terme «MICA» est parfois utilisé pour décrire les personnes qui souffrent principalement d’une maladie mentale et qui ont des troubles concomitants de consommation de substances psychoactives. Le terme «CAMI» réfère aux personnes qui souffrent principalement de toxicomanie et qui ont des problèmes de santé mentale. Ces deux termes sont issus de la documentation américaine.

Modèle de sensibilité
: Le modèle de sensibilité pose en principe qu’une sensibilité biologique accroît la vulnérabilité des personnes qui souffrent de schizophrénie aux effets des substances psychoactives. Même la consommation de faibles quantités peut occasionner des problèmes. La consommation normale de substances psychoactives est problématique pour les personnes qui souffrent de schizophrénie, mais pas pour la population en général.

Rechute: Une rechute est le retour à la consommation active d’alcool ou de drogues d’une personne chez qui un trouble de toxicomanie ou d’alcoolisme a été diagnostiqué, ou encore le retour des symptômes psychiatriques invalidants liés à un trouble mental qui n’est pas associé à la consommation de substances psychoactives après une période de rémission. La rechute est un événement anticipé pendant le processus de guérison. Elle est précédée de signes avant-coureurs.  

Réduction des méfaits
: La réduction des méfaits englobe un ensemble de stratégies pratiques qui ont pour but de réduire les conséquences négatives de la consommation de drogues à l’aide d’un éventail de stratégies allant d’une consommation plus sécuritaire, à une consommation contrôlée, puis à l’abstinence. Les stratégies de réduction des méfaits rejoignent les toxicomanes «à où ils sont rendus» et se penchent sur leurs conditions de consommation et sur leur consommation en elle-même.

Rémission
: Ce terme réfère à l’absence de souffrance ou d’invalidité occasionnée par un trouble de consommations de substances psychoactives ou par un trouble mental. Une personne en rémission ne répond plus aux critères du DSM-IV correspondants au trouble diagnostiqué, mais elle peut tirer profit des services de prévention des rechutes.  

Substance-Abusing Mentally Ill (SAMI)
Le terme SAMI est utilisé pour décrire les personnes qui ont de graves problèmes persistants de consommation de substances psychoactives et des problèmes de santé mentale.  
Symptômes positifs et négatifs:Les symptômes de la schizophrénie comprennentsymptômes positifs comme, les hallucinations, les idées délirantes, un comportement désorganisé et des changements dans la sensibilité, ainsi que des symptômes négatifs, comme la perte d’intérêt pour les activités quotidiennes, le manque d’énergie et des émotions émoussées. Le client peut également présenter des symptômes cognitifs, comme une mauvaise concentration et des troubles de la pensée, et des symptômes affectifs, comme la dépression.

Technique d’entrevue motivationnelle
La TEM est définie comme un style de counseling directeur et axé sur le client qui a pour but de susciter un changement comportemental en aidant les patients à explorer et à résoudre l’ambivalence. Il s’agit d’une technique dont l’efficacité a été prouvée dans des contextes de toxicomanie et d’alcoolisme.  

Troubles comorbides: Le terme «» est un terme médical utilisé pour décrire la présence de plus d’un problème de santé important chez une personne.

Troubles concomitants:
Le terme « troubles concomitants» (TC) réfère aux troubles concomitants d’alcoolisme et de toxicomanie et de troubles mentaux. Les clients chez qui des TC ont été diagnostiqués ont un ou plusieurs troubles de consommation de substances psychoactives ainsi qu’un ou plusieurs troubles mentaux. Il y a TC «’au moins un trouble de chaque type peut être identifié indépendamment de l’autre et qu’il ne s’agit pas simplement de l’amalgame de symptômes occasionnés par [un seul] trouble» (CSAT, 2005, p. 3).

Troubles de consommation de substances psychoactives: Ce terme réfère à un mode de consommation d’alcool ou de drogues illicites qui occasionnent de graves problèmes dans différents aspects de la vie comme le travail, les relations interpersonnelles, la santé physique, le bien-être financier, etc. Il existe deux sous-catégoriesde troubles de consommation de substances psychoactives: l’abus de substances psychoactives et la dépendance aux substances psychoactives (il s’agit de la même distinction qu’entre les termes «» et «épendance») qui ont des répercussions négatives sur les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale.

Troubles de santé mentale: Les principales catégories de troubles mentaux qui sont associés aux troubles concomitants sontla schizophrénie et les autres troubles psychotiques, les troubles de l’humeur, les troubles anxieux, les troubles somatoformes, les troubles factices, les troubles dissociatifs, les troubles d’identité sexuelle, les troubles de l’alimentation, les troubles du sommeil, les troubles de contrôle des impulsions, les troubles d’adaptation, les troubles de personnalité et les troubles qui sont habituellement diagnostiqués durant la petite enfance, l’enfance ou l’adolescence (COCE, définitions et termes SAMHSA).

L'alcoolisme et la toxicomanie sont des troubles complexes du comportement. La personne aux prises avec un problème de consommation est préoccupée par l'obtention de l'alcool ou de la drogue (p. ex., de la marijuana, de la cocaïne, des analgésiques ou des sédatifs), a une consommation de drogues excessive et perd la maîtrise de sa consommation de drogues. Elle peut également développer une tolérance à la substance psychoactive (une quantité toujours plus importante est nécessaire pour ressentir les mêmes effets), être en sevrage si la substance n'est pas disponible et éprouver des problèmes de fonctionnement avec ses pairs ou au travail. À la longue, la consommation aura des répercussions négatives sur le quotidien de la personne qui consomme. Une consommation continue nuit aux relations interpersonnelles, au rendement au travail, à la santé physique et mentale, ainsi qu'aux routines quotidiennes qui favorisent la santé et une adaptation efficace.
BC Partners for Mental Health and Addictions Information
http://www.bcss.org/a_documents/pdf/family_toolkit_m1.pdf (en anglais uniquement)

Le terme « psychose » réfère à un état d'esprit caractérisé par la perte de contact avec la réalité. Les termes « premiers stades de la psychose » ou « premier épisode psychotique » signifient qu'une personne est en état de psychose pour la première fois. Les hallucinations, les délires (fausses croyances), la paranoïa et les pensées et le discours incohérents sont des symptômes de la psychose. Ces symptômes peuvent sembler si réels que, souvent, la personne ne réalise pas qu'elle est en état de psychose. La psychose influe également sur les émotions et le comportement.

Les épisodes psychotiques sont des périodes pendant lesquelles les symptômes de la psychose se manifestent fortement et entravent la vie normale des personnes touchées. Bien que ces épisodes ne durent que quelques heures ou quelques jours, il est fort possible que la psychose perdure pendant des semaines, des mois, voire des années si la personne ne reçoit pas un traitement approprié.

L'expérience de la psychose varie énormément d'une personne à l'autre. Les personnes en état de psychose peuvent avoir des symptômes très différents.
http://www.psychosissucks.ca/epi/whatispsychosis.cfm (en anglais uniquement)

Une rechute se produit lorsqu'une personne en processus de guérison éprouve de nouveau des problèmes ou a des symptômes associés à ses maladies. Dans le cas de l'alcoolisme ou de la toxicomanie, une rechute signifie un retour à la consommation problématique d'alcool ou de drogues après une période d'abstinence ou de consommation contrôlée. Dans le cas d'une maladie mentale comme la schizophrénie, une rechute signifie un retour ou une recrudescence des symptômes psychotiques. Une rechute se produisant pour l'un des troubles déclenche parfois une rechute pour l'autre.

Les rechutes sont fréquentes chez les personnes atteintes d'une maladie mentale grave comme la schizophrénie, et particulièrement chez celles aux prises avec un problème de consommation. Étant donné que les personnes ayant des troubles concomitants se butent à des barrières supplémentaires pour accéder à un traitement et à un logement adéquats, elles sont plus vulnérables aux rechutes. On ne doit pas considérer une rechute comme un échec. Au contraire, elle doit être perçue comme une occasion d'apprendre à mieux gérer la maladie.

La schizophrénie est une maladie mentale qui empêche une personne de penser clairement, de distinguer ce qui est réel de ce qui ne l'est pas, de gérer ses émotions et d'entrer en relation avec d'autres personnes. Elle peut également nuire au fonctionnement quotidien et aux soins personnels. Voici quelques-uns des symptômes qui caractérisent la maladie : délire (fausses croyances), hallucinations (perceptions erronées comme entendre des voix), discours incohérent (difficulté à suivre le fil de sa conversation ou de sa pensée), comportement désorganisé (difficulté à effectuer des activités de la vie quotidienne), affect émoussé (diminution de l'expressivité émotive), retrait social et diminution de la motivation.
BC Partners for Mental Health and Addictions Information
http://www.bcss.org/a_documents/pdf/family_toolkit_m1.pdf

Les symptômes de la schizophrénie se regroupent en deux catégories : les symptômes « positifs » et les symptômes « négatifs ».

Les symptômes positifs ou psychotiques qu'on associe le plus souvent à la schizophrénie comprennent le délire, les hallucinations ainsi qu'une pensée, une humeur et un comportement extrêmement désorganisés. Les symptômes positifs apparaissent pendant les phases actives de la maladie. Les symptômes négatifs, comme la diminution de l'attention, de la mémoire, de la fluidité de la pensée et du langage, de l'expression émotive, du jugement, de la prise de décision et de la motivation, peuvent durer plus longtemps. Ces symptômes négatifs peuvent engendrer des formes de retrait social et d'aliénation qui peuvent nuire à la capacité d'une personne à travailler et à fonctionner normalement.

Les personnes atteintes de schizophrénie souffrent probablement d'au moins un des symptômes mentionnés ici. Cependant, certains de ces symptômes ne sont pas propres à la schizophrénie. Il est toujours nécessaire de consulter un professionnel de la santé mentale afin d'établir un diagnostic.

Symptômes positifs

À un certain stade de la maladie, la schizophrénie est toujours caractérisée par un ou plusieurs des symptômes suivants : délire, hallucinations, pensée perturbée ou comportement désorganisé.

Délire
Le délire consiste en de fausses croyances qui ne correspondent pas à la culture de la personne et qui ne se fondent sur aucun fait. Lorsqu'ils délirent, les gens peuvent croire que leur corps ou leurs pensées sont contrôlés par des forces externes, que des événements ordinaires ont une signification spéciale pour eux, qu'ils sont spécialement importants, qu'ils ont des pouvoirs inhabituels ou que leur corps s'est modifié d'une façon mystérieuse. Souvent, les personnes atteintes de schizophrénie croient que des gens essaient de leur faire du mal.

Hallucinations
Les hallucinations sont des perturbations de la perception. Si les personnes entendent, voient, goûtent, sentent ou touchent quelque chose qui n'existe pas, elles hallucinent. Les hallucinations les plus fréquentes sont auditives, c'est-à-dire que les gens entendent des voix qui leur parlent ou qui parlent d'eux.

Trouble de la pensée
Lorsque les pensées d'une personne ne sont plus reliées de manière à communiquer clairement avec d'autres, on dit qu'elle est atteinte d'un trouble de la pensée. Les pensées peuvent être embrouillées ou sembler disparaître temporairement. Lorsqu'elle parle, la personne peut sembler passer d'un sujet à l'autre ou avoir de la difficulté à communiquer de façon claire et logique.

Comportement désorganisé
Une personne atteinte de schizophrénie peut avoir de la difficulté à effectuer des tâches de tous les jours comme prendre un bain, s'habiller de façon appropriée et préparer des repas. Pendant la phase aiguë de la maladie, elle n'est habituellement pas en mesure de planifier ses journées et d'accomplir les tâches qu'elle exécutait sans effort auparavant.

Les symptômes suivants peuvent également être associés à la schizophrénie :

Perturbation des sentiments ou de l'affect (humeur)
Par moment, les personnes atteintes de schizophrénie peuvent trouver difficile d'exprimer leurs sentiments. Elles peuvent ressentir des boules d'émotions intenses ou inappropriées qui semblent venues de nulle part ou encore se sentir vides d'émotions.

Ambivalence
L'ambivalence réfère au fait d'avoir des idées, des désirs et des sentiments conflictuels à l'endroit d'une personne, d'une chose ou d'une situation. Il peut être difficile pour les personnes atteintes de schizophrénie de se faire une idée sur quelque chose, même quand il s'agit de décisions courantes comme le choix des vêtements à porter. Souvent, lorsqu'elles sont capables de prendre une décision, elles peuvent trouver difficile de s'y conformer.

Sensibilité
L'un des premiers symptômes qui apparaît chez les personnes atteintes de schizophrénie est un changement dans leur sensibilité par rapport aux autres. Elles peuvent devenir plus sensibles aux autres et conscientes de leur présence, ou elles peuvent se retirer et sembler ne leur accorder aucune attention. Elles peuvent devenir méfiantes et avoir peur que les gens les évitent, parlent d'elles ou aient une impression négative d'elles.

Symptômes négatifs

Symptômes physiques
L'activité physique peut être réduite chez les personnes atteintes de schizophrénie, parfois même au point où elles s'arrêtent complètement et fixent le vide. En de rares occasions, elles peuvent se montrer excitées et hyperactives et ressentir d'étranges sensations corporelles.

Motivation réduite
Les personnes atteintes de schizophrénie peuvent avoir de la difficulté à accomplir des tâches ou à faire des plans à long terme et les mener à bien. Elles peuvent également avoir moins d'énergie et de motivation avant et après une phase active de la maladie.

Retrait social
Les personnes atteintes de schizophrénie peuvent se sentir davantage en sécurité et plus calmes lorsqu'elles sont seules. Elles peuvent également devenir tellement absorbées dans leurs propres pensées et sensations qu'elles cessent de s'intéresser aux pensées et aux sentiments des autres. Elles peuvent même parfois cesser de parler.

Changements dans les habitudes et la capacité à fonctionner
Les personnes atteintes de schizophrénie peuvent porter une moins grande attention à la façon dont elles sont habillées et perdre tout intérêt pour leur hygiène. Elles peuvent trouver de plus en plus difficile de poursuivre leurs activités quotidiennes comme aller dans les magasins ou se rendre au travail.

Extrait de La schizophrénie : Guide d'information, Centre de toxicomanie et de santé mentale, 1999. PDF