Que puis-je faire?

Lignes directrices pour travailler avec des clients qui souffrent de schizophrénie et qui ont des problèmes de toxicomanie ou d’alcoolisme

Vous trouverez ci-dessous quelques lignes directrices pour travailler avec les personnes qui souffrent de schizophrénie et qui ont des problèmes de toxicomanie ou d’alcoolisme

Informez-vous au sujet de la schizophrénie et des problèmes de consommation de substances psychoactives.

  • Cherchez des renseignements pratiques sur les signes et les symptômes de la schizophrénie;
  • Apprenez comment la consommation de substances psychoactives nuit aux personnes qui souffrent de schizophrénie;  
  • Ce qui peut sembler être de la résistance ou du déni de la part d’un patient/client peut en fait être une manifestation des symptômes négatifs de la schizophrénie;
  • Pour avoir une compréhension juste du rôle des troubles de consommation de substances psychoactives, il est nécessaire de procéder à une évaluation longitudinale effectuée dans le cadre de plusieurs rencontres.
Adoptez une approche de réduction des méfaits tolérante
  • Dans la plupart des cas, celle-ci s’avère plus efficace qu’une approche conflictuelle fondée sur une abstinence stricte.  
Travaillez avec d’autres fournisseurs de services de santé et de services sociaux afin d’élaborer un plan de traitement intégré et coordonné.
  • Si vous oeuvrez dans le secteur de la toxicomanie, travaillez en étroite collaboration avec le psychiatre ou le professionnel en santé mentale du client. Si vous oeuvrez dans le domaine de la santé mentale, travaillez en étroite collaboration avec le conseiller en toxicomanie du client.
  • Élaborez un plan intégré uniforme pour votre client qui prend en charge ses problèmes de santé mentale et ses problèmes de consommation de substances psychoactives.   
Favorisez la participation active de votre client dans ses soins
  • Donnez-lui des renseignements sur son trouble mental et les coûts et les avantages des options de traitement;
  • travaillez avec le client pour établir des objectifs individualisés et déterminer quelles sont les meilleures interventions.  
Soyez un défenseur des droits de votre client. Cherchez à connaître les autres problèmes avec lesquels votre client est aux prises et aidez-le à obtenir le soutien dont il peut avoir besoin.  
  • Aidez le client à obtenir des allocations et d’autres services sociaux comme un logement et un travail.
  • Encouragez et facilitez sa participation au sein de clubs sociaux qui proposent des activités récréatives ou de groupes, et d’organismes communautaires génériques qui correspondent à ses intérêts.
  • Aidez-le à entrer en contact avec des groupes d’autoassistance ou de soutien par les pairs.
Soyez conscient des étapes du processus de guérison.
  • Attendez-vous à ce que des crises associées à la schizophrénie surviennent et ayez les ressources nécessaires pour faciliter la stabilisation de celles-ci (p. ex., l’intervention en situation de crises et la consultation psychiatrique).  
  • Travaillez avec le client pour détecter et identifier les signes avant-coureurs d’une rechute, et ce, autant pour la schizophrénie que pour ses problèmes de consommation de substances psychoactives, et élaborez un plan d’action.
  • Adoptez une perspective à long terme fondée sur la guérison.
  • Aidez le client à travailler dans le but d’améliorer sa qualité de vie en commençant par déterminer des objectifs à long terme.  
Adaptez-vous à l’étape à laquelle le client est rendu.
  • Tenez-vous-en aux faits et ayez une attitude d’acceptation, qui ne juge pas et qui n’est pas conflictuelle. Développer la confiance est important pour la guérison.
  • Présentez les informations en utilisant des termes simples et concrets et en fournissant des exemples et des ressources multimédias.
  • Lors des séances de counseling, faites des pauses fréquentes et raccourcissez les sessions et les réunions au besoin.
Faites participer la famille du client.
  • Fournissez des informations sur le trouble mental. Pour ce faire, vous pouvez inviter la famille du client à prendre part à des groupes de psychoéducation spécifiquement axés sur la toxicomanie et les psychoses.
  • Mettez sur pied des groupes de soutien composés de familles et d’êtres chers.
  • Soyez disponible pour répondre aux questions des familles sur les services que vous offrez.
  • Respectez les préoccupations à l’égard de la confidentialité de votre patient. Demandez-lui s’il accepte que sa famille participe à la planification du traitement.

Interventions psychosociales retenues pour la toxicomanie et spécialement modifiées à l’intention des patients qui souffrent de schizophrénie
• Se pencher sur les raisons qui expliquent la mauvaise utilisation des substances psychoactives incluant la relation avec les symptômes psychiatriques, le traitement antipsychotique et le sentiment d’isolement social.
• Se pencher sur la motivation et le degré d’engagement du patient à l’égard du traitement de sa maladie psychotique et de sa consommation de substances psychoactives.  
• Adopter une approche de résolution de problèmes concrète avec le patient lorsque cela est approprié.
• Identifier des tâches simples et facilement réalisables (p. ex., consigner dans un journal la consommation de substances psychoactives ou les symptômes psychotiques, prendre ses médicaments régulièrement, respecter les rendez-vous).
• Mettre l’accent sur les aptitudes spécifiques pour composer avec les situations à risques élevés et songer à utiliser le jeu de rôles (p. ex., apprendre à dire non à un vendeur de drogues ou à un ami qui consomme des drogues).  
• Suggérer des solutions de rechange à la consommation de substances psychoactives pour composer avec les situations stressantes (p. ex., faire de l’exercice ou communiquer avec une personne de confiance).
• Traiter l’anxiété comorbide à l’aide de techniques comportementales (p. ex., exercices de respiration, relaxation musculaire progressive).  
• Être toujours aidant et mettre l’accent sur les progrès réalisés.
• Recommander un soutien de groupe.
• Encourager la participation du client dans des activités de rechange et dans des groupes de soutien par les pairs qui ne consomment pas de substances psychoactives (discuter des ressources disponibles avec le centre de santé communautaire ou un service de santé mentale).
• Adopter une perspective à long terme incluant une intervention continue.

Source: Substance misuse in patients with schizophrenia: a primary care guide, Dan I Lubman et Suresh Sundram, MJA 2003; 178 (9 Suppl), 5 mai, S71-S75
http://www.mja.com.au/public/...

Autres ressources et liens: