Que dois-je demander? En tant que fournisseur de services, que dois-je savoir sur le dépistage et l’évaluation?


Quelques mots sur le dépistage et l’évaluation


Le dépistage est habituellement une procédure simple et brève qui a pour but de détecter les signes qui indiquent la présence d’un problème ou d’une condition clinique potentiel. Il s’agit d’une étape préliminaire (souvent même de la toute première étape) qui vise à identifier les aspects problématiques qui peuvent nécessiter une évaluation plus complète.

L’évaluation comprend une série d’approches visant à recueillir des renseignements plus détaillés sur la nature et la portée d’un problème et d’autres informations requises pour développer un plan de traitement à court et à long terme avec le client.  

Bien que le dépistage et l’évaluation soient des processus distincts, il existe dans la pratique un continuum entre le dépistage, l’évaluation et la planification du traitement.


a) Le dépistage

Pour tenter de dépister des TC chez un client ou un patient, il faut entre autres

  • poser quelques questions au client;
  • observer les situations, les modes d’utilisation des services, les types de plaintes sur la santé et leur nature;  
  • utiliser des outils de dépistage officiels
  • évaluer les facteurs de risque du client.

Quelques questions de base

Les clients devraient être interrogés d’une manière factuelle qui ne porte pas de jugement sur un possible problème de consommation de substances psychoactives. Un client peut essayer de donner «bonnes réponses» s’il a peur des conséquences négatives pouvant découler de la divulgation de sa consommation de substances psychoactives. Il est très important de faire preuve d’empathie et de poser les questions d’une manière appropriée à l’âge, à la culture et au niveau d’alphabétisation du client.

Vous devriez poser les questions suivantes à votre client si vous croyez qu’il a un problème de consommation de substances psychoactives:  
  • Avez-vous déjà eu des problèmes liés à la consommation d’alcool ou de drogues?
  • Est-ce qu’un membre de votre famille, un ami, un médecin ou un autre professionnel de la santé a déjà semblé préoccupé par votre consommation d’alcool ou de drogues ou vous a déjà suggéré de réduire votre consommation?
  • Avez-vous déjà répondu à quelqu’un«je n’ai pas de problèmes de consommation d’alcool ou de drogues» alors que vous vous questionniez à cet égard et que vous AVIEZ LE SENTIMENT que peut-être vous aviez un problème?
Si le client répond oui à une de ces questions, vous devriez pousser vos investigations plus loin.

Étant donné que plusieurs personnes associent encore les troubles concomitants à la honte et à la culpabilité, cela peut nuire à la justesse des informations obtenues. Il est donc très important de parler de ces troubles en tant que conditions pouvant être traitées afin de mettre le client dans de bonnes dispositions et l’encourager à coopérer.  

Observer les situations, les modes d’utilisation des services, les types de plaintes sur la santé et leur nature

Le tableau ci-dessous présente des exemples de situations, de modes d’utilisation des services et de problèmes de santé qui peuvent laisser croire qu’un client atteint de schizophrénie est également aux prises avec un problème de toxicomanie ou d’alcoolisme.


Situations Modes d’utilisation des services Les problèmes de santé peuvent comprendre:
• hépatite non virale;
• cirrhose du foie;
• hépatite B et C;
• infection au VIH;
• abcès au site d’injection ou phlébite infectieuse;
• lésions de la cloison nasale;
• épisodes d’évanouissement ou de pertes de conscience;
• délire, crises ou hallucinations;
• douleurs chroniques et demandes répétées d’analgésiques narcotiques ou épisodes récurrents de douleur aiguë;
• nausées récurrentes;
• brûlures d’estomac ou diarrhée;
• hydrorrhée nasale chronique;
• douleurs à la poitrine ou tachycardie chez de jeunes personnes en bonne santé;  
• signalements récurrents de dépression ou d’anxiété chronique qui ne semblent pas répondre au traitement.
Incidents de violence familiale, d’agression physique ou de perturbation de l’ordre public Visites impromptues et mauvaise observation des plans de suivi.
Tentatives de suicide Changements fréquents ou fréquentations de différents fournisseurs de soins de santé en même temps.
Blessures suspectes Demandes fréquentes de notes médicales pour justifier, souvent après coup, l’absence au travail, aux cours, aux examens ou à une audience devant le tribunal.
Accidents, chutes, brûlures ou engelures Problèmes répétés avec des prescriptions de médicaments psychotropes perdues, mal calculées ou qui ne peuvent être renouvelées par le médecin habituel.
cole buissonnière, vagabondage, sans-abrisme, isolement social ou abandon de la famille Insistance pour obtenir certains médicaments précis, habituellement des narcotiques ou des sédatifs mentionnés par leur nom, en disant qu’ils sont les seuls pouvant les aider.


Veuillez noter que les problèmes de santé qui peuvent suggérer un problème de toxicomanie ou d’alcoolisme sont nombreux et dépendent du type de substances psychoactives consommées.  Le tableau ci-dessus ne présente que quelques exemples.



b) L’évaluation

Les renseignements recueillis au moment du dépistage, même lorsqu’ils sont révélateurs et plutôt précis, ne constituent pas une évaluation clinique.

L’évaluation clinique complète des personnes qui souffrent de troubles concomitants comprend un certain nombre d’éléments

  • l’identification précise des problèmes de santé mentale et de consommation de substances psychoactives (diagnostic clinique);
    une évaluation de la gravité et des caractéristiques individuelles de ces conditions afin de déterminer les besoins particuliers du client et l’approche de traitement appropriée; et,  
  • l’évaluation des autres aspects problématiques qui peuvent avoir des répercussions directes sur la planification et l’efficacité du traitement (santé physique, travail, logement, soutien social, problèmes juridiques, relations familiales, etc.).  
Afin de déterminer la portée d’un problème de consommation de substances psychoactives chez les personnes qui souffrent de schizophrénie, une évaluation clinique continue et un long travail diagnostic sont habituellement nécessaires. Ce travail peut exiger d’observer et de recueillir des données avec le temps, dont des rapports de dépistage et des observations de gestionnaires de cas et d’autres fournisseurs de soins de première ligne.



c) Les outils et les options de dépistage et d’évaluation

Une multitude d’outils de dépistage et d’évaluation sont disponibles. L’outil à utiliser dans une situation donnée dépend d’un certain nombre de facteurs, dont la disponibilité des ressources et les caractéristiques de la population de traitement.
Pour obtenir des informations détaillées sur le dépistage et l’évaluation, consultez l’article Screening for and Assessing Concurrent Disorders du Dr Juan Negrete paru dans Treating Concurrent Disorders: A Guide for Counsellors (Centre de toxicomanie et de santé mentale, 2005) http://www.camh.net/Publications/....

Le Centre de toxicomanie et de santé mentale, par l’entremise de son secteur du partage des connaissances sur les troubles concomitants, a élaboré des guides de dépistage. Le premier est axé sur le dépistage de la toxicomanie et de l’alcoolisme pour les agences de santé mentale, et le second sur le dépistage de la santé mentale pour les agences de toxicomanie et d’alcoolisme. L’objectif de ces guides est de trouver un équilibre entre
  • le degré de précision des renseignements et le genre de renseignements dont vous avez besoin;
  • l’investissement en temps, en ressources et en formation du personnel que vous êtes en mesure de faire;
  • la population desservie.

Pour plus d’information sur les guides de dépistage, veuillez consulter le document Méthodes de dépistage des troubles concomitants.

Sources:   
Méthodes de dépistage des troubles concomitants (PDF), Centre de toxicomanie et de santé mentale, secteur du partage des connaissances sur les troubles concomitants.

Le document
Concurrent Disorders: An Introductory Leaning Module for Post Secondary Institutions (PDF) a été élaboré et mis en œuvre dans six collèges communautaires. La version définitive de celui-ci est maintenant distribuée à grande échelle dans tous les collèges communautaires de l’Ontario.