Que dois-je faire si je crois avoir un trouble concomitant de schizophrénie et d’alcoolisme ou de toxicomanie?

a.Est-ce que j’ai un problème de consommation?

Il est essentiel de porter un regard honnête sur votre consommation de drogues et d’alcool afin de vous rétablir d’une psychose, et ce, même si vous n’éprouvez pas le désir de changer vos habitudes dans l’immédiat. Étant donné que la consommation de drogues peut occasionner des interactions négatives avec le traitement, les membres de l’équipe de traitement doivent connaître les détails exacts de votre consommation de drogues afin d’être en mesure de formuler les recommandations les plus sécuritaires et les plus efficaces pour le traitement.1

Vous devez conclure que vous avez un problème de consommation.

Les questions comme celles présentées ci-dessous peuvent vous aider à évaluer votre consommation de drogues. Il est recommandé d’effectuer cet exercice avec l’aide d’un professionnel en santé mentale qui peut amener un point de vue extérieur et vous aider à répondre en tenant compte de renseignements exacts.

  1. Selon vous, quelles sont les répercussions négatives, immédiates et à long terme, de votre consommation de drogues?
  2. Comment se comparent ces répercussions négatives par rapport aux effets recherchés?
  3. Voyez-vous des avantages à réduire votre consommation actuelle de drogues?



b. Conseils pour réduire la consommation ou le risque de méfaits

La diminution de la consommation de drogues n’est pas une simple question de volonté. Pour réduire efficacement la consommation de drogues, il faut établir des objectifs et trouver des solutions aux problèmes.

Ce sont les effets recherchés dans la consommation de drogues qui donnent envie de continuer à consommer. La plupart des gens croient que ces envies sont déclenchées par certains sentiments (comme le stress, l’ennui, la dépression ou l’anxiété) ou des situations (comme le fait d’être avec des amis qui consomment régulièrement ou d’être à une fête où on est incité à le faire). En reconnaissant et en anticipant les sentiments ou les situations qui pourraient vous pousser à consommer et en trouvant à l’avance des solutions possibles pour en venir à bout, vous pouvez augmenter vos chances d’éviter de consommer en de telles occasions.

Une autre façon de diminuer la consommation de drogues consiste à trouver des activités qui se substituent à certains des effets recherchés dans la drogue. Par exemple, si l’un des effets recherchés est de soulager l’ennui, vous pourriez vous adonner à une activité qui vous plaît, comme faire de l’exercice, aller voir un film ou aller prendre un café avec un ami. La clé réside dans l’élaboration d’un plan qui vise à surmonter la pression sociale qui engendre la consommation. Il peut être utile de prévoir une réponse au cas où quelqu’un vous offrirait de la drogue. Ces «refus» sont plus faciles avec la pratique.



c. Travailler en équipe avec vos fournisseurs de services

Il est important d’être honnête avec votre équipe de traitement au sujet de votre consommation de drogues et d’alcool. N’oubliez pas que votre équipe de traitement n’est pas là pour vous juger, mais pour vous soutenir. Elle doit connaître ces renseignements au moment d’établir un plan de traitement. Vous devez divulguer la quantité d’alcool ou de drogues que vous consommez.

Votre psychiatre devrait chercher à vous faire participer le plus possible aux décisions concernant le choix des médicaments et les doses à prendre. Collaborez avec votre fournisseur afin de déterminer les modalités de l’automédication (vous pouvez augmenter votre dose à l’intérieur des limites établies pendant les périodes de stress et reprendre la dose de maintien plus faible en d’autres temps, ce qui réduit les effets secondaires).

Plusieurs personnes atteintes de schizophrénie ayant pris part en 2002 à une étude sur l’autogestion ont mentionné l’importance de pouvoir communiquer ouvertement avec les professionnels et de pouvoir changer d’intervenant en cas d’insatisfaction. Elles ont également souligné l’importance de pouvoir négocier la fréquence des rencontres avec les psychiatres et d’autres fournisseurs. Une autre personne a parlé d’apprendre à critiquer et à évaluer les explications et les traitements présentés et d’avoir une confiance en soi assez grande pour dire non.2

Quelques questions à poser à votre fournisseur de services

  • Quel est le traitement recommandé dans ma situation?
  • Quels sont les autres traitements disponibles?
  • Quelles preuves démontrent que ce traitement fonctionne?
  • Qui offre ce type de traitement?
  • Quels sont les effets indésirables (négatifs)?
  • De quelle façon le suivi de ces effets sera-t-il effectué?
  • Combien de temps durera mon traitement?
  • Quand ses effets se feront-ils sentir?
  • Quel est le coût du traitement?
  • Quel est le lien entre le coût du traitement et son efficacité? (questions concernant la couverture d’assurance)
  • Qu’arrive-t-il si je refuse ce traitement?
  • Quels sont mes droits? (vie privée et confidentialité)
  • De quelle manière mes différents fournisseurs échangeront-ils à propos de ma situation?  
  • Que puis-je faire si je n’aime pas mon fournisseur?
  • Quelle approche utilisez-vous pour collaborer avec les membres de la famille?



Note en bas de page

1 http://www.psychosissucks.ca/epi/index.cfm?action=substanceuse
2 Martyn, D., The experiences and views of self-management of people with a schizophrenia diagnosis, Rethink, www.rethink.org/document.rm?id=107, 2002.